OOIOO-Gamel

OOIOO

Gamel

Thrill Jockey (2014)

Difficile de parler d’un album de OOIOO sans s’arrêter un instant sur la carrière de Yoshimi ou Yoshimio comme son dernier communiqué de presse semblait le préciser. Dans touts les cas Yoshimi fait partie de ces artistes qui ont marqué la musique de part leur inventivité, leur créativité et leur énergie. C’est notamment aux côtés de The Eye (autre génie de la musique) au sein des Boredoms, groupe noise emblématique japonais, que la jeune batteuse fit ses débuts. C’est donc avec ou grâce à The Eye que Yoshimi développera ce sens aigu de la création.
OOIOO fait parti des ces projets les plus créatifs mais également les plus méconnus. Voilà maintenant cinq ans que Yoshimi n’a pas sorti de disque mais c’est aujourd’hui chose faite avec « Gamel ».

Quatre ans de travail auront été nécessaire au groupe pour composer ce disque qui, comme son nom l’indique, s’inspire grandement du style de musique ancestrale du gamelan, musique folklorique originaire de Java ou de Bali. La discographie du groupe nous a montré la fascination que Yoshimi et ses acolytes vouaient à l’aspect rythmique de la musique et le fait de s’inspirer de ce style n’est donc pas anodin.
Je ne vous cacherai pas que chroniquer un disque de OOIOO n’est jamais chose simple. Le style du groupe étant tellement unique, il est fort difficile de décrire au mieux l’univers vaste et riche du groupe.
« Gamel » peut être perçu comme une invitation à la transe, à la contemplation. D’un côté nous avons les rythmiques ethniques et de l’autre nous avons une forme de psychédélisme prenant sa source dans les dissonances et les voix hypnotiques.

« Gamel » n’est pas un album de world music, de musique complètement barrée ou un vulgaire jam entre musiciens sous opiacés. « Gamel » est un disque profond, riche et envoûtant. Le groupe qui s’est étoffé de quelques membres supplémentaires nous livre ici des compositions toujours aussi uniques. OOIOO tisse ici une sorte de tapisserie vivante, faite d’une grande diversité de couleurs et de sonorités.
Le fait de s’être inspiré du gamelan pour composer n’a pas changé profondément le style du groupe mais lui assurément permis d’ajouter encore plus de profondeur à ses compositions. Ainsi les titres « Shizuku Gunung Agung » ou encore « Atatawa » parleront immédiatement aux fans. Des fans qui seront ravis d’ainsi pouvoir se plonger dans l’univers plus profond du groupe avec des titres hypnotiques et tribaux comme « Pebarongan ». Rythmiquement extrêmement riche, « Gamel » n’oublie pas de nous rappeler les origines plus rock du groupe comme sur les titres « Jesse Testa », où Yoshimi nous gratifiera de plans de batterie dignes des Boredoms (nostalgie…)

Encore une fois, il est très difficile de chroniquer un disque tel que « Gamelan ». Une chose est sûre, OOIOO vient d’ajouter à sa discographie un grand disque, pas facile d’accès qui mais qui mérite vraiment que l’on s’y intéresse.

A propos de l'auteur

Rédac' chef, musicien passionné, graphiste et Dj de garden party sauvages.

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