black-pus-oozing-wound-split

BLACK PUS / OOZING WOUND

Split Lp

Thrill Jockey (2014)

Voici le genre de split que l’on aime. L’idée de réunir deux groupes aussi atypiques mais tout aussi talentueux n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, car le label anglais Thrill Jockey a décidé de réunir ainsi ses 2 petits protégés pour nous offrir un disque à en défriser plus d’un.
D’un côté, prenez Black Pus, projet parallèle de Brian Chippendale, batteur / chanteur / psychopathe de Lightning Bolt et de l’autre prenez Oozing Wound, le petit groupe de trash de Chicago qui fait de plus en plus parler de lui et vous aurez, sur le papier, un disque qui annonce du bruit, du bruit et encore du bruit.
Alors plongeons nous sans plus attendre dans l’univers déjanté de ce fameux split qui nous laisse miroité de grandes choses.

Les 2 premiers titres sont donc l’oeuvre de Black Pus. Autant le dire tout de suite, si vous pensiez que Brian Chippendale était complètement « perché », vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Les deux titres sont des plus noisy, le son de batterie est ici reconnaissable entre mille, une caisse claire qui sonne comme personne et un jeu simple mais efficace. Ajoutez y une couche de sons abrasifs et déstructurés et vous aurez là deux titres pouvant être à la fois jouissifs de folie comme complètement insoutenables. A vous de faire votre choix. Disons qu’un fan des Boredoms aura plus de chance de succomber au charme de ces deux titres qu’un fan de Isabelle Boulay ou Linda Lemay. De toute façon, quand on connait un minimum le bonhomme derrière tout ça, on est finalement pas plus étonné que ça et on se dit même : « pour faire chier les voisins, c’est même carrément bien ! »

Oozing Wound se voit réservé les trois titres suivants. Là par contre, on devrait être en terrain connu, le groupe étant « estampillé » trash metal, on se dit que l’on va se manger de bons vieux riffs percutants, le tout parsemé d’un soupçon de punk / hardcore, mais c’était sans penser que partager un disque avec Brian Chippendale allait forcément avoir un impact (psychologique) sur les trois « victimes ». Car, nous somme plus proches d’un « Gluey Porch Treatment » des Melvins qu’un « Retrash » (dernier album du groupe chez Thrill Jockey). Bien loin de là l’idée de dire que les titres ne sont pas bons, car bien au contraire, même si on s’éloigne quelque peu du style de prédilection de Oozing Wound, on reste quand même scotché par le rendu général. Le son est brut (presque autant que celui de Black Pus) et l’esprit est simplement excellent. On frise même le génie de Buzzo / Crover sur le titre « All Things Must Pass Out ». Bref, nous savions que le groupe avait, en plus de sa passion pour le trash, un penchant pour le noise, nous voici donc convaincus.

Car c’est bel et bien le son brut, voir complètement garage qui ressort le plus de ce disque. En plus d’avoir cinq titres complètement « noise », ils sont en plus servis dans un emballage sonore complètement brut.
Pour la petite histoire, les 2 groupes se sont retrouvés un soir (en mai 2013) sur la même scène et ont donc logiquement eu l’envie de faire un split ensemble. Vu le résultat que la rencontre entre ces deux entités bruitistes donne sur disque, nous sommes en droit de nous demander s’il existe encore des survivants de ce fameux concert. Il est peut être temps de demander à Jacques Pradel, de ressortir du placard !

Articles similaires

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.