Après un passage très remarqué il y a tout juste un an à Clermont-Ferrand, c’est en terrain conquis que le Crou Stupeflip revient hurler dans les micros de la Coopérative de Mai. Non contents d’avoir déjà Dr Vince aux platines, une figure emblématique de la scène électro clermontoise, c’est également un natif de la capitale des volcans qui avait assuré la batterie sur le dernier opus du groupe. Bref, autant dire qu’ici plus qu’ailleurs, ils étaient très attendus au tournant. C’est donc devant une salle pleine et remontée à bloc que le Crou nous a livré son dernier spectacle, quelques mois à peine après la fin de leur dernière tournée.

Pas de première partie, pas de musique d’ambiance, les choses sérieuses attaquent d’entrée de jeu avec des guitares saturées et des basses qui explosent. Le ton est donné: la cuvée 2012 du Stup’ est résolument plus rock et plus agressive, et ce n’est pas pour nous déplaire. La scène est épurée, exit les décors pesants et la mise en scène millimétrée de la dernière tournée, cette fois-ci le Crou se donne de l’espace pour s’exprimer et on les sent beaucoup plus à l’aise dans l’exercice. On retrouve un King-Ju et un Cadillac survoltés devant une salle acquise à leur cause, ils remplissent l’espace et les titres s’enchainent repris en cœur par un public électrique. La scénographie est simple et efficace, oscille entre une ambiance sombre et pesante qui sied à merveille le titre « Les Monstres » et une hystérie kitchissime avec un « Gaëlle » scandé par un Pop-Hip revenu d’outre-tombe. Son alter-ego King-Ju reprend vite sa place et prend le temps de s’installer à la guitare acoustique pour s’amuser avec le public.

Car c’est bien ça le nouveau Stupeflip, une équipe rodée qui a pris ses marques et joue pleinement la carte du live et de l’interaction avec son public. On en vient à se demander si leur hantise du live n’est pas qu’une provocation marketing tant ils semblent prendre du plaisir et sont plus que capables d’en donner. La magie opère et se continuera après un final explosif qui met un point final à presque 2h de set énergique. La scène est vidée, les platines s’avancent et on laisse la place à Dr Vince qui nous servira des mixs aussi puissants qu’improbables, devant un public décontenancé qui ne sait plus s’il doit partir ou rester. La salle se vide peu à peu et c’est devant un tout petit comité que nous revient le Crou en civil, plus déjantés que jamais. Ils passent des disques, enchainent les bières, et improvisent un karaoké géant pour le plus grand plaisir des quelques irréductibles fans transis qui se féliciteront sans doute demain de ne pas être partis. On aura droit à plus d’une heure de grand n’importe quoi, jusqu’à des actes sexuels impliquant des fruits, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas heurter la sensibilité d’un public non averti… Bref, c’est avec le sourire aux lèvres que nous quittons la salle après 3h de spectacle et cette année encore nous pouvons le dire: le Crou a retourné la Coopé !

Crédits Photos : Rémi LE POGAM (Web / Facebook)

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Une réponse

  1. Romane

    très bon résumé, écrit à la perfection, ça pourrait presque provoquer des flashs backs !

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