Ce soir, nous sommes dans le quartier insomniaque de Bastille, au Café de la Danse, pour l’ouverture du Lady’s Fest. Je viens surtout voir Sharon Van Etten, dont le dernier album « Tramp » ne m’a pas laissé indifférent. Dès mon arrivée sur place, j’ai la chance de la saluer. Plus tard dans la soirée, je discutais avec une photographe et nous nous accordons sur un point : il y a deux catégories d’artistes. La première est composée d’artistes dont le succès est monté à la tête. Dans la deuxième catégorie, on retrouve les passionnés, ceux qui font leur métier parce que la musique est toute leur vie, mais qui restent fidèles à ce qu’ils sont. Sharon fait définitivement partie de cette seconde catégorie. Très souriante, limite timide parfois, elle est tout simplement adorable.

 La première partie est assurée par Fiodor Dream Dog. Le groupe est français et joue de l’indie pop rock. J’avoue ne pas avoir été très convaincu par la performance. La musique était sympathique mais très typique du style musical si bien que l’on a parfois l’impression d’entendre d’autres groupes au style similaire. La chanteuse, Tatiana Mladenovitch, fait également office de batteuse. Le beat est un peu simpliste mais très tribal par instants qui n’est pas pour me déplaire. Pour faire bref, ce n’est pas désagréable à écouter mais rien ne m’emballe vraiment.

Après l’entracte, entre enfin Sharon Van Etten et son groupe. Ils joueront principalement les chansons du nouvel album. Je pourrais vous parler de la technicité des musiciens, de la construction des morceaux ou de l’ambiance durant le concert mais ce serait passer à côté de ce qui a fait la beauté de ce concert. Les chansons de Sharon Van Etten sont très personnelles, clairement tirées de sa vie personnelle et amoureuse. Et ça se sent ! Durant la totalité du concert, on peut voir qu’elle vie chacune de ces chansons. On peut sentir ses joies comme ses peines, la douleur d’une rupture, la force parfois destructrice de l’amour, la colère même. Elle chante avec son tout son cœur et emmène le public avec elle. Nous avons même eut le droit à une chanson inédite, que Sharon dit avoir tout juste finie. Le groupe se retire et laisse seule Sharon tester sa chanson sur nous. Une chanson encore une fois très personnelle dont on sent que la blessure est toujours fraîche, cela peut se lire sur son visage et dans sa voix. Le refrain est très explicite « Break my legs so I can’t walk to you, Cut my tongue so I can’t talk to you, Stab my eyes so I can’t see you » ce n’est pas très gai, j’en conviens, mais n’est-ce pas ce que l’on ressent parfois lorsque une relation ne fonctionne pas mais que l’amour que l’on porte pour l’autre nous empêche de partir ? L’émotion transmise pendant l’ensemble du show emporte le public dans une véritable communion avec l’artiste.

Le concert prend fin. On voit qu’elle était particulièrement heureuse d’être de retour à Paris, elle ne cessera pas de remercier le public et son accueil plus que chaleureux. Elle semble presque surprise que l’on demande un rappel. Comme souvent au Café de la Danse, elle se rendra disponible après le concert pour signer des autographes et discuter avec ses fans. Personnellement, j’ai passé une superbe soirée et à entendre les commentaires à la sortie de la salle, je n’étais pas le seul.

Crédit Photos : Yannick Vogel.

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