Comme chaque année depuis douze ans maintenant, on se presse à ce festival comme on irait dans un lieu saint, car comme chaque année le Pantiero invite à domicile des artistes de qualité ainsi que les futures sensations à venir. En effet si il y a un élément qui détermine la longévité et la renommée d’un festival c’est avant tout l’oreille du programmateur et ici on ne peut, en dressant le bilan des années précédentes, qu’être admiratif devant les choix qui ont été pris. Cette année marque un changement de format, avancé au mois de juillet et avec des soirées plus remplies, l’occasion de revenir plus en détail sur l’événement précurseur de Cannes.

 

Le premier soir est impressionnant sur papier et Dirty Beaches va donner un nouveau sens au terme lo-fi. Conjugué avec de la no wave, ses sons froids vont mettre le public qui arrive nonchalamment dans l’ambiance. Le temps de s’acclimater afin de ne pas subir de choc trop violent pendant le set de Frustration, probablement un des groupes français les plus talentueux qui soient, dont les morceaux et l’énergie vont faire l’unanimité. Une des plus belles surprises live de cette année mais pas la seule, loin de là. Les ultra nerveux The Hives vont entrer en piste et mettre le public à genoux, tels des vikings sous amphétamines, menés par un chanteur qui doit perdre plus de calories en un soir que la chanteuse de Gossip n’en absorbe en un mois, ils vont livrer une prestation certes bien rodée mais diablement efficace. Piochant dans leur vaste répertoire, ils vont faire monter la température de plusieurs degrés et laisser le public sur le cul (au sens propre comme au figuré). La soirée n’est pas finie et même si on regrettera que beaucoup ait succombé sous les assauts combinés des trois premiers groupes, il reste assez de curieux pour venir voir Duchess Says dans la salle où se déroule l’after. Sorte de Kap Bambino, Crystal Castles plus analogique, directement en provenance du Canada, ils vont prouver qu’une petite nana frêle peut mettre à genoux quiconque se dresse en face d’elle : grosse découverte et pur moment de prestation scénique hors du commun. I.R.O.K et son afro punk va clôturer en beauté ce qui restera une des plus belles affiches du festival et une vraie soirée dédiée au rock qui ne fait pas semblant, celui joué avec les tripes.

 

 

Après avoir été ainsi lessivé dés le premier soir et une courte nuit de repos indispensable, retour sur les lieux du crime. Darkstar est une très bonne entrée en matière, le trio livre une électro pop classieuse et efficace dont on devrait beaucoup entendre parler. Ghostpoet prend le relai et démontre un talent et une énergie qu’on n’imaginait pas sur disque, définitivement un artiste à découvrir en live tant il est captivant et hypnotique. Son electro hip hop va remporter l’adhésion des festivaliers. Encore un choix judicieux même si on peut faussement croire que cette soirée va être plus détendue. Amon Tobin, prodige de la musique électronique, vient présenter son projet parallèle Two Fingers et il va simplement démontrer en une heure qui est le patron. Ultra martial, remuant et agressif sont les qualificatifs qui viennent à l’esprit durant ce set qui aurait pu servir à étalonner l’échelle de Richter. D’une efficacité redoutable, il sera très dur pour LE1F d’assurer l’after. Ce dernier va néanmoins arriver à faire bouger encore un peu les survivants de ce choc sonore. Deuxième soirée dans un autre registre mais tout aussi impressionnante.

 

 

Après une nuit plus longue, des boissons énergisantes en pagaille et du café salvateur en route pour l’ultime soirée d’un festival déjà bien intense. Premier groupe, les très bons Griefjoy, originaires de la région, qui vont prouver qu’ils ont encore beaucoup gagné au niveau efficacité scénique. Crystal Fighters, sortes de hippies électro folk vont faire danser le public pendant un set endiablé et sans temps mort. Des compos bien taillées pour le live et une énergie communicative. Sans être ultra fan de ce qu’ils font mais pour essayer néanmoins d’être objectif, surement un des moments les plus festifs du festival. Kavinsky va quant à lui donner une prestation en demi teinte, pas vraiment convaincante, trop proche de ce qu’il fait sur disque et avec pour beaucoup le souvenir de la prestation de la veille d’Amon Tobin. On pouvait attendre plus d’un artiste dont l’univers semblait vraiment adéquat à la scène et qui au final se montre un peu trop prévisible. Mais comme chaque soir réserve son lot de surprises, Lescop va venir terminer ce festival en grande forme. Plus punk que pop, entouré de super musiciens, il va amener ses compos dans un registre plus énergique. Tout le contraire de Kavinsky, il sera là où on ne l’attend pas et va surprendre autant que charmer l’audience. Une des plus belles surprises de cette édition 2013 du Pantiero et une belle façon de le clôturer.

 

 

Le bilan de cette année sera donc des claques, des découvertes, de la sueur, des nuits trop courtes et une grosse sensation de bien être. Encore une édition de choix pour un festival qui peut changer de formule sans perdre pour autant son esprit avant gardiste. Une valeur sure et à notre époque ça n’a pas de prix.

 

 

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.