l y a des événements auxquels on a du mal à croire. Annoncer Mono à Cannes semblait pour moi relever de l’impossible. Un des groupes les plus emblématiques du post-rock, qui depuis presque quinze ans hante les playlists des amoureux de Tortoise, Mogwai ou Godspeed, et qui en pleine tournée fait un passage unique en France, non je crois que jusqu’au bout je n’arrivais pas à le concevoir. Pourtant cela a bien eu lieu, en ce premier jour du mois de mai ou l’on célèbre la fête du travail, le muguet et la fin de l’hiver, le quatuor a donné une prestation remarquable, à Cannes, à la Mjc Picaud qui devient chaque jour un peu plus le lieu de pèlerinage de tous les fans de musiques pointus.

En première partie, Helen Money, violoncelliste américaine, adepte de sons dissonants et d’expérimentation noisy ayant déjà joué en studio pour Mono, mais également pour Russian Circles, Broken Social Scene ou encore Chris Cornell. Un peu âpres au premier abord, ses compositions deviennent vite subliminales, à l’instar d’un Lee Renaldo, et elle saisit l’auditoire par sa maitrise et son univers hors norme. Une excellente mise ne bouche.

La suite va être magistrale. On a beau se préparer, se dire que lorsqu’on attend trop d’un groupe on est forcément déçu, rien n’y fait, Mono entre en scène et le temps semble se figer. Le groupe joue sur les émotions, sur cette nostalgie diffuse et cette incroyable sensation d’élévation qui envahit l’auditoire au fil des morceaux. Mélangeant des titres de leurs derniers albums (« Recoil, Ignite », « Kanata ») avec des morceaux plus anciens issus de « Hyms to the Immortal Wind » (« Pure as Snow » « Everlasting Light ») ou de « For my Parents » (« Unseen Harbor »), ils vont totalement transporter un public venu massivement assister à un déferlement incessant d’émotions. Un des plus beaux moments auxquels j’ai pu assister par un des meilleurs groupes de post-rock.

Une soirée parfaite dans un cadre parfait avec un public quasi unanime pour reconnaître un groupe qui sait faire vibrer sans se laisser aller à la facilité. Bref cela s’est produit, à la Mjc Picaud (qui semble viser le sans faute de la programmation de qualité) et je n’y crois toujours pas vraiment tellement c’était magique.

 

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